Église Saint-Vivien

Église de Charras

L’église de Charras, dédiée à Saint Vivien, peut être datée du milieu du XIIe siècle. Elle était commune à la paroisse et à un prieuré bénédictin dépendant de Figeac.

Au cours de la Guerre de Cent ans, l’église de Charras, de par sa position sur un massif de collines dominant la Charente, entourée des forêts d’Horte et de la Rochebeaucourt, méritait une défense renforcée. Elle fut transformée en véritable bastion. En tant que telle, l’église dut subir quelques assauts. En effet, des sondages effectués dans la nef laissent entrevoir des parements éclatés, des pierres brûlées, rognées, cuites par le feu.

En partie basse des murs, on remarque les traces noires d’un soubassement peint déjà visible dans le chœur. Cet enduit pourrait correspondre à une campagne de restauration au XVIIe siècle, après un incendie survenu lors des guerres de religion.

L’église a été l’objet d’autres restaurations importantes de 1875 à 1880, et en 1898. Celles-ci ont profondément modifié son aspect intérieur, et l’ordonnancement actuel de la nef est une composition originale de 1875 qui ne respecte des dispositions médiévales que le rythme des travées définies par des piliers et contreforts.

 L’église est un édifice à nef unique divisée en quatre travées inégales. Elle a gardé son plan de l’époque romane ; des contreforts ont été ajoutés aux XIVe et XVe siècles. Une chapelle charpentée a été créée entre contreforts au XIXe siècle.

La voûte est en berceau brisé dans la nef ; la voûte du faux-carré est une croisée d’ogives. Le chœur est recouvert d’une voûte en berceau et se prolonge par une abside en cul-de-four.

Le faux carré est pris entre deux travées plus étroites. Il communique au sud avec la chapelle de la Vierge, reléguée aujourd’hui au rôle de sacristie.

Plan de l'église Saint-Vivien

 Le sol gothique auquel se rapporte le lavabo du chœur (XVe siècle) est défini par la base du noyau de l’escalier d’accès au clocher.

Les sondages réalisés au droit des piliers ont révélé la présence d’un banc des pauvres et les vestiges d’un ancien dallage situé à -73 cm environ par rapport au dallage existant, lequel est posé sur une épaisse couche de mâchefer.

Sur ce sol surélevé donc à plus de 70 cm, de nouvelles bases ont été établies au XIXe siècle pour les demi-colonnes de pierre surmontées de chapiteaux à décor végétal sur lesquelles reposent les arcs doubleaux de la voûte. Les habillages en brique, aujourd’hui retirés, des murs intérieurs enduits au plâtre ainsi que les voûtes badigeonnées et ornées de faux joints ocre rouge remontent également à cette campagne de restauration de la fin du XIXe siècle.

Façade occidentale de l'église Saint-Vivien, carte postale, collection privée

C’est un édifice imposant par la hauteur des murs aveugles.

Le portail du XIIe siècle est encadré de quatre rouleaux brisés, supportés par des pieds-droits. Il a été refait en partie sous l’administration de Jean Larue, syndic fabricien, de 1756 à 1769.  Les deux arcades qui l’accostent furent modifiées vraisemblablement lors des travaux de fortification de l’église.

En partie haute, court un chemin de ronde pourvu de mâchicoulis et percé de petites baies carrées. Deux logettes disposées aux angles permettent d’accéder au chemin de ronde surmontant les murs gouttereaux de la nef. Sur une partie de ces derniers, les parapets sont montés sur de petits arcs surbaissés, reçus par des consoles, comme on les voit en façade. Au nord, de larges pilastres reçoivent le chemin de ronde. Ces supports alternent avec les consoles.

La partie basse a été consolidée par des arcs de décharge. La souche et l’étage du clocher sont solidement encastrés dans les maçonneries remontées de la nef et de l’abside. Le clocher, tenant lieu de donjon, n’est pas doté de mâchicoulis. L’abside a été traitée comme le bastion d’une enceinte fortifiée.

Le chemin de ronde a les mêmes dispositions au sud. Moins restauré, il présente un caractère plus authentique. Le clocher a conservé ses dispositions romanes. Les contreforts du clocher, à l’ouest, sont carrés, ceux qui sont appliqués à l’abside sont un peu moins importants et amortis en glacis.

Le haut du clocher a été abattu. Ses deux étages subsistent seulement au sud où trois arcades aveugles, surmontées d’élégantes baies à colonnettes, le décorent.

Clocher et chevet de l'église, carte postale, collection privée

Mobilier et vitraux

Une piscine ou lavabo, petite cuve destinée à recevoir l’eau qui a servi aux baptêmes ou à la purification des objets sacrés,  est située à droite du chœur, et remonte au XVe siècle.

Cinq toiles peintes au XIXe siècle viennent de faire l’objet d’une inscription sur l’inventaire supplémentaire à la liste des objets mobiliers classés parmi les monuments historiques. Elles ont été restaurées, et surtout surdorées.

Un joli chemin de croix peint sur métal, avec décor en bois ouvragé a été érigé le 7 février 1899.

Enfin, six vitraux en plus ou moins bon état éclairent la nef et le chœur. Ils datent du XIXe siècle.

St Vivien’s church was built in the 12th century. Because of its elevated position it was turned into a real stronghold during the Hundred Years War, with the construction of battlements all around the top. It later suffered from the Wars of Religion and was finally heavily restored at the end of the 19th century.

The church has kept its primitive plan with four unequal bays. The vault of the nave is Gothic, with ribs at its junction with the choir, which itself has a semi-circular vault.

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