Église Saint-Pierre

La façade occidentale de l'église Saint-Pierre, carte postale, collection privée

L’église Saint-Pierre s'appelait Saint-Natal au XIe siècle, vers 1075, lorsqu'elle fut donnée par Adhémar, évêque d'Angoulême, à l'abbaye Saint-Etienne de Baigne. Itier Malet qui en était le possesseur et Robert Vigier son suzerain, accordèrent leur approbation à ce don.

En 1867, l'église était en mauvais état. Mais, ce n'est qu'en 1874 qu’un emprunt fut levé pour sa restauration effectuée jusqu'en août 1895. Une voûte est mentionnée dans les délibérations municipales, mais n’apparaît pas sur les coupes, où un plafond de bois à pans coupés se voit nettement en revanche.

L’église est tronquée et se compose d'une nef de deux travées presque carrées, fermées à l'est par un mur droit. L’église a peut-être possédé une abside détruite avant 1630.

Plan de l'église Saint-Pierre

À l'intérieur, ses murs sont étayés de deux arcades aveugles par travée, au nord comme au sud. Contre elles, de puissants piliers à noyau rectangulaire ont été plaqués ou engagés. Les colonnes, bien plus longues et montant jusqu'en haut des murs gouttereaux, devaient être destinés à recevoir les doubleaux de la voûte évoquée par les textes d’archives. L'église de Feuillade semble avoir posé aux bâtisseurs un problème de couvrement. Au départ, les constructeurs voulaient sans doute couvrir l'édifice d'une file de coupoles.

À l'extérieur, la façade se compose de deux niveaux d'arcades surmontées d'un clocher-mur moderne. L'élévation des murs gouttereaux est très différente au nord et au sud. Au nord, elle est rythmée d'arcades tandis qu'au sud elle est nue, simplement étayée par de larges contreforts plats peu débordants, flanquant à distance les deux fenêtres à ébrasement extérieur.

Les murs gouttereaux n'appartiennent pas à la même campagne, voire au même édifice. L'élévation extérieure du mur nord pourrait aussi bien être une élévation intérieure, ce qui expliquerait l'étroitesse des pilastres faisant office de contreforts.

Une si grande largeur est inhabituelle pour un édifice modeste de deux travées seulement, le projet de construction semble avoir changé plusieurs fois. Le mur nord semble le vestige le plus ancien, non pas de l'église citée à la fin du XIe siècle mais d'une reconstruction du début du XIIe siècle.

Les peintures murales

Lors des travaux de restauration de l’église ont été découvertes principalement deux peintures murales.

Près du choeur, sur le mur sud de la nef, deux peintures murales montrent d'unepart un jeune homme attaché à un poteau et transpercé de flèches, et d'autre part un prélat assis sur un trône et tenant un globe surmonté d'une croix. Elles datent du XIVe siècle et du début du XVe siècle, et indiquent les préoccupations du temps où elles ont été réalisées : la crainte de la peste et les divisions de l'église.

Grégoire le Grand

Pour le prélat mitré assis sur un trône et tenant un globe surmonté d'une croix, il s'agit de Grégoire le Grand, pape dont le pontificat a duré de 590 à 614, essayant d'affirmer son pouvoir spirituel au milieu des troubles liés aux invasions. À l'évidence cela révèle l'inquiétude des chrétiens de ce temps se souvenant de ce pape ayant, en définitive, réussi à vaincre les difficultés pour affirmer la primauté du spirituel.

Pour le jeune homme attaché à un poteau et transpercé de flèches, il s'agit de saint Sébastien qui était invoqué contre la terrible épidémie de peste. En 1348, une grande épidémie dite de la peste noire avait en une année fait disparaître près de la moitié de la population de l'Europe occidentale.

Saint Sébastien était un capitaine ou centurion de la garde prétorienne de l'empereur romain Dioclétien, vers 300. Apprenant que cet officier est chrétien, l'empereur le condamne au supplice en le livrant aux archers qui le percent de flèches. Selon une légende, le jeune Sébastien ne serait pas mort des suites de ce supplice. Une chrétienne l'aurait recueilli inanimé pour le soigner et le guérir. Remis sur pied, Sébastien serait venu devant l'empereur pour lui reprocher ses persécutions envers les chrétiens. Excédé, Dioclétien l'aurait fait tuer à coups de bâton. Cette histoire a suscité l'imagination des gens du Moyen Âge très épris de fantastique. C'est pourquoi il a été invoqué pour se protéger de la lèpre et de la peste car les  plaies sur le corps rappelaient les blessures faites par les flèches.

De chaque côté de saint Sébastien on trouve un bourreau, l'un au visage ingrat et méchant l'autre au visage aimable. Il y a le bon, celui que se convertit, et le méchant qui tient des propos haineux.

Le martyre de saint Sébastien

Les litres funéraires

Lors des travaux de restauration de notre église ont aussi été découvertes des litres funéraires en partie haute des murs, elles peuvent dater des XVIIe et XVIIIe siècles.

Ces litres funéraires, si on parvient à en décrypter les armoiries, indiquent les seigneurs de l'endroit. On dit aussi « les seigneurs-patrons » en ce sens que ces litres funéraires à large bande noire avec des blasons répétés tout autour de l'église obligeaient les habitants de la chapellenie, du comté et en l'occurrence du marquisat de Feuillade à porter le deuil.

On y trouve le blason des Saint-Laurent comportant un lion entouré de fleurs de lys et celui des Texier de Javerlhac, surmonté d'une couronne de marquis, orné d'écrevisses, les uns et les autres ayant été successivement seigneurs de Feuillade.

St Peter’s church, originally dedicated to St Natal, dates back to the 12th century. It was largely restored in the 19th century. It consists of a simple high nave divided into two bays – no church tower but a modern belfry on top of the façade, no apse either. The northern wall with its arcade appears to be the oldest element.

Inside, two interesting frescoes painted at the turn of the 15th century, represent St Sebastian’s martyrdom and Pope Gregory the Great.

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