MONTBRON

La petite ville de Montbron, adossée au Limousin et au Périgord, est située dans une zone de contact entre deux régions géologiques différentes : le Massif central cristallin et le Bassin aquitain sédimentaire. Le socle cristallin est caractérisé par un relief vallonné favorisant l’élevage. Les plaines, quant à elles, semblent être spécifiques des terres sédimentaires et permettent des cultures céréalières.

La Tardoire dessine une grande courbe au nord et contourne Montbron par un large méandre créant une grande plaine alluviale quaternaire.

Vue aérienne de Montbron, ©Les Clichés d’Eole, 2013

La ville s’est donc développée en rive gauche de la rivière ; la rive droite restant très rurale et marquant aujourd’hui les limites de la commune. L’agglomération a été installée sur un éperon rocheux situé après les zones inondables.

La cité est ouverte sur la vallée de la Tardoire, mais le promontoire constituait une défense naturelle surtout au nord et partiellement au sud-ouest, où les pentes sont plus abruptes. Ce n’est sans doute pas un hasard si le château a été implanté au nord-ouest sur les flancs de la butte. A l’est, la mise en défense artificielle du plateau permet de protéger l’agglomération. La colline possédait également, au nord et au sud-ouest, un système de fortifications ; la protection était alors double.

La facilité de mise en défense du site a été propice à l’installation de la ville sur ce tertre au Moyen Âge. De là, cette éminence permet le contrôle de la traversée de la rivière par le Pont-en-Roux ou pont de la Basse-Ville. Cette position n’a pas d’autre sens. Montbron ne bénéficie pas d’une rivière navigable. Elle n’est pas un carrefour routier important. Elle est très à l’est de la Charente, relativement loin de la cité comtale d’Angoulême. Cette position très orientale permettait d’avoir un pied dans le Limousin et dans le Périgord.

Vue panoramique de Montbron en 1612, dessin de Joachim Duviert

Il n’existe probablement pas de voie romaine importante qui était à proximité immédiate de l’agglomération actuelle de Montbron. La position présente de la cité montbronnaise ne semble donc pas trouver ses origines dans l’Antiquité. Mais selon la tradition orale, une villa gallo-romaine de grande ampleur, du nom d’Étampa se trouvait au lieu-dit des Boissières, ou La Tessonnière, sur un vaste coteau entre les villages de Courtillas, de Lavaud et de la Forge, à trois kilomètres au Nord-Est du site même de Montbron.

La légende veut que Montbron tire son nom d’un certain Berulphus, fidèle de Chilpéric (561-584), petit-fils de Clovis. Duc de Touraine et du Poitou et comte de Poitiers, Berulphus serait le premier occupant ou le premier propriétaire de la ville. Montbron ou Mons Berulphi serait donc le mont ou la colline de Berulphus. Mons Berulphi donnerait Montbéroulf, Montbérou, Montberon et enfin Montbron. La tradition veut que Chilpéric, en 567, à la mort du roi Caribert, hérita de cinq territoires en Aquitaine et notamment le Limousin. Il aurait envoyé Berulphus, dans le Limousin, sur la zone frontière face à l’Angoumois, pour une occupation et une surveillance des environs. Sur les lieux, Berulphus aurait suivi le cours de la Tardoire jusque dans le Montbronnais et aurait découvert un promontoire dominant la région. Il l’aurait alors choisi pour y établir un poste de surveillance qui commanderait la vallée.

La ville semble plutôt être une création du XIIe siècle. Robert de Montbron est connu dès 1020-1028. La seigneurie est attestée avec Robert de Montbron en 1120. L’auteur du lignage serait peut-être Robert I, laicus, qui apparaît dès 988. Ce dernier aurait pu se fixer sur l’emplacement actuel de la ville. La ville serait donc le fait de l’implantation de ce Robert, à la fin du Xe siècle ou au début du XIe siècle.

La famille originelle des Montbron tient donc la seigneurie jusqu'en 1471, avec, tout de même, de courtes éclipses, notamment sous les dominations anglaises entre 1380 et 1420. La branche ainée de la famille de Montbron ne disparaît, cependant, qu'en 1598, à la mort de Jacquette de Montbron, héritière de son frère aîné, René de Montbron, baron d'Archiac. Marguerite de Rohan, possède désormais la terre de Montbron, achetée en 1471 à Francos II de Montbron ruiné. Son petit-fils, François Ier, roi de France, hérita des terres, mais en fit don à Anne de Montmorency, époux de sa cousine Madeleine de Savoie, en 1526. Il est supposé que la châtellenie de Montbron passe, ensuite, aux mains d'Henri de Luxembourg, puis d'Henri-Augiste de Loménie et enfin d'Étienne Chérade. Son petit-fils, Adrien, émigré en Espagne, en est dépossédé à la Révolution.

Lying on the outskirts of the Limousin and the Périgord areas, the original town of Montbron was built on the natural spur of a small hill dominating the Tardoire valley. Its name is generally believed to come from Berulphus, a follower of the merovingian king Chilperic (561-584), Clovis' grandson, who settled there. The town was then named Mons Berulphi which became Montberou and finally Montbron.

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