Au Vieux château

Le château

Le château se trouve en limite sud-ouest du centre-bourg actuel de Montbron, sur le bord du plateau dominant la vallée de la Tardoire, en dehors des flux actuels de circulation. Il épouse la topographie naturelle de l’éperon.

Le château, ©JM. NOSSANT/Pays Horte et Tardoire

La présence d’un premier château à Montbron est attestée au XIIe siècle ; il aurait été construit avant 1130 par Robert IV, seigneur de Montbron. Il a pu succéder à un habitat primitif, une tour en bois édifiée sur une motte artificielle. Les éléments architecturaux les plus anciens remontent au XIIe siècle. Le donjon de Montbron, par ses murs en moellons ébauchés, ses contreforts à boutisses renforcées et sa salle basse voûtée en petit appareil allongé, est plutôt situable autour de 1100.

Pendant la guerre de Cent Ans, la possession du château a été souvent disputée. Un acte de Charles VI, du 24 mars 1418, concernant Limoges et les réparations de ses fortifications, mentionne que les Anglais ont pris et détiennent dans le pays et les environs trois ou quatre places ou forteresses et entre autres le château de Montbron à douze lieues, près de la ville de Limoges. Dès 1422, le château est remis sous l’obéissance de Charles VII, roi de France. Ces vicissitudes auraient conduit Charles VII à demander la destruction du château pour éviter qu’il ne retourne aux mains des Anglais.

Porte à accolade et escalier de la tour, ©JM. NOSSANT/Pays Horte et Tardoire

Son château détruit, ruiné par la guerre de Cent Ans, François II de Montbron, est contraint de vendre, en 1471, à Marguerite de Rohan, comtesse d’Angoulême, la ville, chastel, baronnie et seigneurie de Montbron et ses appartenances pour la somme de dix mille écus. Marguerite de Rohan aurait alors fait construire, dès 1472, le château actuel. C’est un bâtiment à peu près rectangulaire à deux étages, couvert d’un toit à deux pentes et percé de hautes fenêtres. Un décrochement de 0,90 m sur la façade sud-est rend irrégulier ce rectangle. Au sud-ouest, un logis du XVe siècle a été accolé. Le côté nord-ouest est flanqué d’une tour octogonale du XVe siècle avec une porte à accolade à sa base et occupée par un escalier à vis, dont le noyau était, à l’origine en bois. L’aspect extérieur du château n’a plus rien de guerrier ou de défensif à cause de ses grandes baies à meneau ou à croisée, ou de sa toiture.

Motte féodale, château et église Saint-Pierre, détail du dessin de J. Duviert, 1612

Endommagé lors des guerres anglaises puis par les guerres de Religion, le donjon est à peu près semblable à ce qu’il en reste aujourd’hui. Il s’appuyait sur l’enceinte urbaine. La cour du château était enclose d’un mur crénelé à trois échauguettes carrées. La cour était également flanquée d’une tour carrée à chemin de ronde. La cour du château s’ouvrait au sud-est par une grande porte cintrée.

Les amours de Mars et Venus, ©JM. NOSSANT/Pays Horte et Tardoire

Au cours de la première moitié du XVIIe siècle, vraisemblablement à la demande de la famille Loménie de Brienne, il faut noter un travail de décoration intérieure principalement dans deux pièces du premier étage. Il faut signaler la frise d'armoiries diverses, et les manteaux de deux cheminées ornés de scènes mythologiques ; les amours de Mars et Venus pour l'une, Roger délivrant Angélique du dragon pour l'autre.

Ce sont les écrits du XVIIIe siècle, et en particulier les arpentages, qui donnent des informations appréciables sur la fonction des espaces du château, sans toutefois pouvoir les localiser avec précision. Après la Révolution, au moment de l'adjudication du château comme bien national, le 24 nivôse de l'an II, le château était composé d'une cave, d'une cuisine, d'une salle, de quatre chambres hautes, de deux cabinets, d'un grenier, d'écuries, de granges, d'un logement de concierge, de prisons, de deux cachots, d'une cour et d'un jardin. Le château sera alors, jusqu'en 1949, le siège des différentes municipalités.  


L'église Saint-Pierre

La date de fondation de l’église Saint-Pierre reste inconnue. Il est possible que son édification intervienne simultanément à la construction du château, c’est-à-dire au cours du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle. Elle dépend de la paroisse du même nom, mais serait englobée dans la cure de Saint-Maurice. Pillée et endommagée lors de la révolution de 1789, l’église subsistera, néanmoins, dans le tissu urbain jusqu’au XIXe siècle.

Les dessins de Joachim Duviert donnent quelques informations sur la localisation et l’élévation extérieure de l’église. Un clocher-poche quadrangulaire à haute flèche la caractérise. Ce clocher semble s’ouvrir dans la cour du château. Il fera l’objet de réparations, au milieu du XVIIe siècle, à la demande du comte de Brienne. En 1749, l’arpentage de la ville et paroisse de Montbron ajoute qu’elle tenait de toutes parts à l’enceinte du château.

Éléments architecturaux de l'église Saint-Pierre dans la cour du Pub Tapas Chez Maurice

L’emprise au sol de l’église Saint-Pierre qui était composée d’un clocher, d’un grand autel, de chapelles est difficile à évaluer. Le boulevard des Pierrots, établi sur le fossé comblé de l’enceinte, pourrait être le témoin de la présence de l’église. Par ailleurs, des éléments architecturaux situés, actuellement, à proximité de ce boulevard pourraient appartenir à l’église. Il s’agit, notamment, de contreforts, d’une série de trois arcs brisés et d’un arc cintré, assez monumental, laissant supposer un voûtement. Ces éléments laissent supposer que l’église devait être imposante.

Chimère ayant appartenu à l'église Saint-Pierre

Il faut, enfin, signaler que des éléments sculptés, une coquille et une chimère, sont intégrés, aujourd’hui, dans les façades des maisons, dans le même secteur.

Le minage et la halle aux grains

Le minage tire son nom de la mine, ancienne mesure de capacité pour les grains et les farines, valant environ 75 litres. À proximité du château, le minage, destiné à entreposer les céréales récoltées dans les environs, dépendait des seigneurs de Montbron, qui tiraient revenu des ventes.

Ce bâtiment détruit vers 1850, le minage est déplacé dans les anciennes prisons, situées de l’autre côté de la place. Cette nouvelle structure servira donc de halle aux grains, pendant plus de cent ans.

Le château à droite et la halle aux grains à gauche, carte postale, collection privée

There were mentions of a castle there in the 12th century. There may have been before a wooden defensive structure. When it was destroyed during the Hundred Years War, François II de Montbron had to sell it to the Countess of Angoulême, Marguerite de Rohan, who, supposedly, had the present castle built in 1472.

It is not known when St Peter's Church was built, perhaps at the same time as the former castle (12th or early 13th century). It was plundered and damaged during the French Revolution but some vestiges remained until the 19th century.

Near the castle, the “minage” was the storage place for the grain upon which the lords levied a tax.

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