Prieuré Saint-Maurice

Eglise et ancien prieuré Saint-Maurice de Montbron, © Les Clichés d'Eole, 2013

Le prieuré Saint-Maurice de Montbron a été fondé au XIe siècle par un seigneur du lieu, puisque déjà, Guillaume de Montbron, évêque de Périgueux (1059-1081), mort en 1081, y fut inhumé. Le prieuré dépendait de l’abbaye de Cluny, en Bourgogne.

L’acte de fondation du prieuré, précise que celui-ci devait comprendre six religieux chargés de célébrer deux messes conventuelles par jour et de distribuer des aumônes aux pauvres de la paroisse, de la saint Michel à la saint Jean-Baptiste, c’est-à-dire du 29 septembre au 24 juin.

Le prieuré Saint-Maurice, détail du dessin de J. Duviert, 1612

La conventualité aurait été interrompue par les guerres de Religion, à la fin du XVIe siècle ; le prieuré est en grande partie détruit en 1577, lors de la mise à sac de la ville par les bandes du sieur de Ruffec. Après ces troubles, en 1612, il est représenté par Joachim Duviert. Pauvrement pourvu, il est enclos de hauts murs, dont l’un a conservé son crénelage. L’enceinte prieurale, au sud-est, semble posséder un corps de bâtiment étroit et élevé et une tour ronde, couverte en poivrière. L’église, quant à elle, est représentée avec un clocher à flèche. En outre, à l’angle sud-ouest, une toiture pointue surmontée d’une croix s’élève. Il s’agit, éventuellement, de l’aumônerie du prieuré Saint-Maurice.

Le logis prieural était très important. Mais, en 1749, il ne reste plus qu’une chambre basse et haute, son grenier, une écurie, des greniers à foin, une cour, une avant cour et un jardin.

Tombeau de Robert de Montbron, lithographie de Chatenet

 Actuellement, du prieuré,  il ne reste, à l’exception de l’église, qu’une grande demeure rénovée possédant encore quelques dépendances. Le mur sud de l’église présente, toutefois, un réel intérêt. Il offre à l’archéologue une série de monuments funéraires, situés jadis sous le cloître. Deux portes, aujourd’hui murées, permettaient, sans doute, le passage de l’église au prieuré proprement dit. Le premier tombeau, de Robert de Montbron, se présente sous la forme d’un enfeu. Un grand arc brisé en saillie abrite une pierre tombale ornée de draperies, où repose une statue funéraire très usée. Une inscription, aujourd’hui disparue, indiquait que Robert de Montbron est mort en 1209. A sa droite, dans la sacristie actuelle, gravée dans deux grandes arcades en plein cintre, une longue inscription indique la sépulture de la famille Borrel. Une autre épitaphe, sans date, est tracée sur le même mur, à gauche de l’enfeu de Robert de Montbron. C’est celle de la famille Robert Caille de la Motte.

Seul vestige du prieuré, l’église, dédiée à l’honneur de Saint-Maurice, était composée en 1749, de trois chapelles, sacristie, clocher et cimetière. Le cimetière entourait l’église, particulièrement au nord. Disparue, une tombe sans inscription (1,85m x 0,55m x 0,45m), du XIIe siècle,  enlevée sans doute du cimetière est connue. Monolithe, elle avait la forme d’un coffre à couvercle et était décorée de niches, de carrés méplats contenant des étoiles, d’entrelacs. Une autre grosse pierre parallélépipédique avec une croix pattée inscrite dans un cercle est connue également.

Tombe anépigraphe du XIIe siècle du cimetière du prieuré Saint-Maurice, dessin : le comte de Beaumont
Plan de l'église Saint-Maurice, ©J. Terrade

L’étude de l’église est rendue difficile depuis la reconstruction totale et contestée du chevet et du clocher, au XIXe siècle, par le restaurateur et architecte diocésain Edouard Warin (de 1859 à 1880, puis en 1887). Avant restauration, cette église possédait une croisée complète, avec les deux bras du transept, ainsi qu’un chevet roman. Sa nef, quant à elle, avait été reconstruite tardivement, probablement à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle. Les dessins de Paul Abadie, de 1844, et effectués avant restauration, donnent l’aspect général de ces parties romanes. Seule la croisée du transept actuelle a été conservée en l’état. Par ses hauts chapiteaux à deux registres rappelant les corbeilles de la fin du XIe siècle, cette croisée pourrait être contemporaine du dernier quart du XIe siècle. Le chevet quant à lui, composé d’une abside à cinq chapelles rayonnantes, pourrait avoir appartenu au XIIe siècle. Mais les croquis de quatre chapiteaux cubiques ornés en méplat et de leurs bases simples, situés dans l’abside principale avant restauration, démontre l’existence d’un chevet du XIe siècle, avec remploi éventuel de ces éléments sculptés dans un chevet postérieur d’au moins cinquante années. L’hypothèse d’un chevet plutôt situable au XIIe siècle reste plausible. C’est dans cette éventualité que la croisée du transept aurait été conservée, ainsi que quelques éléments sculptés anciens.

Eglise de Montbron, Eau-forte, Léo Drouyn, 25 février 1848.

St Maurice's Priory was founded in the 11th century. It was largely destroyed in 1577, when the town was ransacked by the Lord of Ruffec's bands.

All that remains today of the priory is the church. Unfortunately it was totally rebuilt in the 19th century, in a very debatable style.

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