Au moulin de la Pierre

Rochebertier

De Bertier, nous ne savons rien d’autre que le rocher qui a gardé son nom. Les vestiges d’une construction ancienne ont été repérés sur les hauteurs. Une tour est mentionnée le jour de la Toussaint 1276 dans un aveu de Phillipe Le Hardi par Robert V de Montbron. Refuge, repaire, forteresse, termes bien solennels pour désigner cette tour de guet assise sur un éperon rocheux.

Logis de Rochebertier

Les Renouard, seigneurs du lieu dans la première moitié du XVIe siècle, bâtissent leur logis sur la rive droite de la Tardoire. Orienté est-ouest au fond d’une cour fermée, il ouvre sur le chemin par un portail charentais classique. Le pont ne sera pas construit avant la deuxième moitié du XIXe siècle ; on passe la rivière à gué lorsque les eaux le permettent pour accéder au moulin demeuré sur l’autre rive et rejoindre le chemin d’Angoulême à Montbron en coupant à travers la garenne.

Le corps de logis est flanqué de trois tours massives et d’une tour carrée de dimensions plus modestes. Bâtiments d’exploitation, écurie, demeure du métayer se trouvaient à l’intérieur de la cour.

Le logis, le moulin, la garenne et les terres de Rochebertier sont vendus vers la fin du XIXe siècle.

Le moulin de la pierre

En France, il s'agit du dernier moulin hydraulique scieur de pierre encore en activité après réhabilitation.

À l’origine, le moulin de Rochebertier a foulé le drap en 1675, puis pressé les noix et le blé jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. En 1897, le moulin est cédé à M. Védier co-fondateur de la société des Carrières de Charente et, à la demande de l’ingénieur de la carrière, le  moulin de la pierre est né. Cette même année, le moulin découpe ses premiers blocs qui sont acheminés par des wagons.

Le moulin de la pierre au début du XXe siècle, carte postale, collection privée
Découpage d'un bloc de pierre, ©JM. NOSSANT/Pays Horte et Tardoire

À l’aide de crics, le bloc est positionné dans le cadre de sciage en bois, réglé de façon à avoir des blocs à l’épaisseur souhaitée. Les lames sans dents épaisses de quelques millimètres sont placées au-dessus du bloc. Le système s’appuie non pas sur une roue à aubes, mais sur une turbine à roue horizontale et axe vertical qui anime les lames d’un mouvement alternatif. La zone à découper, à la fois arrosée par l’eau et par le sable de grès déversé lentement depuis un châssis, est abrasée par le frottement de la lame sur le sable mouillé.

À cette époque, la scierie tournait 24h/24, du lundi au samedi. Il fallait une semaine pour scier un bloc à la vitesse de 1 à 4cm/h maximum. Jusqu’en 1936, deux ouvriers suffisent à faire tourner le moulin. Pendant la guerre, le moulin tourne au ralenti. Par la suite, l’activité s’accroît avec la reconstruction d’après-guerre. La demande importante impose au moulin une modernisation avec le remplacement de la turbine par des moteurs électriques et le carde de sciage s’équipe d’un deuxième cadre en 1953 qui accélèrent la cadence. Dès lors, 16 ouvriers travaillent au moulin, 20 en carrière. En 1971 la Société Industrielle et Commerciale des Marbres, Pierres et Granits et Carrière et Scierie de France fusionnent en Rocamat.

L'usine Rocamat

En 1980, Rocamat délocalise ses activités de l’autre côté de la route, dans les hangars plus modernes où l’on installe deux châssis neufs. L’année suivante, le moulin est définitivement fermé et une partie du matériel est envoyée à la destruction.

En 1995, le moulin devient la propriété de la Communauté de Communes Val de Tardoire qui entreprend de lourds travaux de restauration en septembre 1997. Le moulin est agrandi et se dote notamment d’une passerelle. Il est aujourd’hui la propriété de la Communauté de Communes Seuil Charente-Périgord et l’association Pierre et Savoir Faire le fait vivre.

Atelier sculpture au moulin de la pierre, ©JM. NOSSANT/Pays Horte et Tardoire

La grotte du Placard

Gravure pariétale

Signalée par J. Fermond dès 1874, c’est un des sites les plus célèbres de France : c’est à partir des industries récoltées au Placard que l’abbé Breuil a établi en 1912 les subdivisions du Paléolithique supérieur qui sont encore utilisées actuellement. Les fouilles anciennes ont été particulièrement dévastatrices. Les premières recherches scientifiques sont celles effectuées par l’abbé Roche dans les années 1960. Des fouilles y ont été de nouveau effectuées par J. Clottes et L. Duport dans des niveaux magdaléniens après la découverte de gravures pariétales.

Ces niveaux magdaléniens sont riches en industrie lithique et osseuse, dont de nombreux harpons, sagaies et des œuvres d’art mobilier (pendeloques, plaquettes gravées, os sciés, dents, coquillages), ainsi qu’un objet décoré en bois de renne représentant, gravée par des sillons profonds, une tête humaine : le « moine goguenard ».

Some vestiges of an ancient watchtower have been found on top of the hill. The present manor house was built in the early 16th century by the Renouards. The former ford across the river was replaced by a bridge in the mid-19th century.

After being a felting mill in the 17th century, it was later used for grinding corn and pressing walnuts until it was turned into a stone cutting mill in the late 19th century. Dismantled in the 1980's, it has now been restored for visits.

 

 

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